mercredi, octobre 26, 2005

Edition du 26 Octobre 2005

Alfred B Thorenson

Alfred B Thorenson est complètement givré. Il vit seul dans une vieille maison, presque une cabane, près de l'Ivory Lake. Il y a deux ans, un jeune garçon l'a vu hurler à la lune, devant le lac, enduit de beurre de cacahuète bon marché. Après ça, il est parti quelques années dans un institut. A son retour, personne dans la ville n'a plus voulu lui vendre de beurre de cacahuète. Les gens se méfient, les mamans interdisent à leurs enfants d'aller traîner sur les rives du lac car Alfred aurait entreprit d'élever des abeilles...
Néanmoins Alfred aurait tendance à être capable de prédire l'avenir durant ses crises. Du moins c'est ce que prétend Benny "Skoyz" Herald, le pilier du St Nathan'inn.

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Randall French

Randall French est mort. Non, il est pas au fond d'un trou, mais il se dit que quelque part quelque chose a cloché. Un matin, il s'est réveillé mort. Il a pris son petit déj, a embrassé sa femme et est parti au boulot, comme tous les jours. Mais bon... Personne ne semble s'en apercevoir, sur Elm St North où il vit. Il doit être paranoïaque. Enfin, bon dieu! Ca se voit, qu'il est mort, non? Beeeen... Mis à part qu'il n'a plus de pouls, rien ne se passe d'autre... Il continue à vivre comme avant, mais ce secret lui pèse.

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L’indien

Elle m'fout la pétoche, cette ville, moi !

Surtout depuis que l'Indien y traine...

Il habite une vieille caravane à moitié désossée sur l'bord d'la route 375, a proximité d'la veine de charbon, dans la décharge. J'l'ai vu l'aut' jour quand j'suis allé balancer mon vieux moteur de Buick.
Putain, il a faillit me faire chier dans mon froc, ce con ! J'ai balancé l'tas d'ferraille au bas de mon pick-up et puis quand j'ai sauté à bas du camion pour m'barrer, me suis retrouvé nez à nez avec lui ! Là ! Comme ça !
J'l'avais pas entendu v'nir, c'fils de pute !

L'a rien dit. Y m'a regardé fixement, avec tous ces gris-gris autour d'son cou. J'ai pas d'mandé mon reste ! J'suis monté, j'ai mis le contact et j'me suis barré ! Et quand j'ai r'gardé dans le rétroviseur, l'était plus là ! Ouais j'vous dis ! L'était déjà à sa caravane pourrie, en train d'monter sur sa Harley !
Y parait qu'y traine dans l'coin, maint'nant. Il faut s'méfier ! Le vieux Joshua, qui dort mal depuis qu'il est rev'nu d'la guerre, y dit qu'il le voit des fois passer la nuit dans la ville ! Et qui r'garde partout !
Pouah ! M'étonnerait pas qu'on r'trouve des maisons volée ou des braves gens égorgés dans leur lits bientôt, moi !
Le vent caresse mon visage. La fraîcheur des nuits s'accentue avec l'avancée de l'année. Les signes sont là.
C'est pour bientôt.
Je dois être prêt.
Je suis un Guerrier Céleste. L'esprit du Père-Soleil et de Mère-Terre m'accompagne. Je dois vaincre.

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Jack Mac Loan

Jack MacLoan est un enfant du pays. Il a parcouru la région de long en large avec son père et son grand père. Il connaît chaque fourré, chaque bosquet, chaque champ, chaque cours d'eau, chaque caillou...
C'est un guide renommé dans la région. C'est d'ailleurs pour ça que l'étranger a fini par louer ses services. Ce professeur, comme il voulait qu'on l'appelle, est parti un matin avec Jack vers les collines. Il trimballait tout un tas de trucs et de machins : des cartes, des boussoles toutes plus bizarres les unes que les autres !
Puis ils n'ont pas réapparu.
Pendant cinq jours.
Une battue a été organisée et on a retrouvé Jack. En réalité, c'est lui qui est revenu vers le village. A pied.
Sale. Blessé. Et fou.
Du professeur, on n'a plus jamais rien su.

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Le vieux Mac Kenzie

Le vieux MacKenzie a toujours vécu à Haven Creek et je crois qu'il a toujours été vieux. Tout le monde le connaît, il a toujours été là. Même les vieux se rappellent du vieux MacKenzie quand ils étaient jeunes.
D'un autre côté, il n'est pas gênant le vieux. Il ne cause pas, mais vous salue toujours avec un sourire en soulevant son vieux chapeau.
Pareil sa pipe, je ne l'ai jamais vu sans sa pipe au bec.
Pourtant depuis l'année dernière quelque chose a changé dans sa vie. Sa fille lui a ramené son mioche. Enfin tout le monde ici dit que c'est sa fille, mais je la trouve un peu jeune, moi, pour être la fille du vieux MacKenzie. Je me souviens que c'était une belle blonde dans une robe moulée sexy. Elle a pas dit un mot et a laissé son mioche.
Lui, il s'appelle Kevin, il a neuf ans et il parle tout le temps. Quand ils se promènent tous les deux, ils se tiennent toujours par la main et Kevin parle, parle sans arrêt au vieux qui sourit tout le temps. Il lui parle de ses jeux vidéos avec des yeux ronds comme des soucoupes. Il est toujours là dedans, les jeux vidéos. Quand il fait les courses chez moi, je ne l'entends parler que de ça, de SuperMachin et d'UltraTruc. Lui aussi, il est dans son monde.

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Lizzie et Pam

Salut, Lizzie, c'est Pam. Félicite-moi...
T'occupes, je te dis, félicite-moi...
Ecoute, tu devineras jamais...
Non, je te dis...
Bon, écoute. Tu sais que j't'avais dit qu'y fallait que j'trouve du travail, que j'pouvais pas rester avec cette c... qui me sert de mère. Bon, ben j'ai trouvé... Où ça ? Tu devineras jamais. Tu vois l'épicerie Mc Farrell, ben y m'a prise... Attends, tu sais, j'y suis allée au culot. Ce gars, il est space quand même... Attends il est ouvert 24h/24, mais il fait tout lui-même. J'me d'mande quand y dort. L'midi et l'soir y s'ouvre sa boîte de corned beef, comme ça au magasin et y bouffe que ça. Remarque, il est pas gros ni speed pour autant, j'devrais essayer...
Bon, mais j'te raconte. Alors j'vais l'voir comme ça et j'lui dis cash : Z'avez besoin d'quelqu'un et j'ai besoin d'boulot. Cash, comme ça, et lui y m'prend...
Attends, j'y croyais pas non plus...
Ecoute, j't'en r'parle ce soir, là y faut qu'j'y r'tourne...
Bye, oui...
J't'embrasse partout, partout.
Allez, bye.

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Le vieux Cornélius

« Salut gamin. Tu me reconnais ? Evidemment, c’est moi, Cornélius. Tous les bleds ont leur petit vieux qui passe ses journées dans un fauteuil devant sa maison à ressasser et à raconter le bon vieux temps à qui veut l’entendre. Et je crois bien qu’ici, à Haven Creek, ce vieux c’est moi. Bon, mais assez parlé de moi. Tu connais l’histoire de la vieille Edna ? Edna vivait dans James Street avec sa fille, Jess. Jess était une jeune fille moderne. Malgré les réprimandes de sa mère, elle était très intéressée par les garçons et finalement c’est le jeune James Coburn qui a réussi à l’épouser. Je sais pas comment elle fait mais la vieille Edna a réussi à les convaincre de s’installer dans sa maison. Faut dire qu’elle est grande cette maison. Et pourtant Edna et son mari y ont vécu seuls pendant très longtemps. Forcément, quand ce dernier est mort, elle s’est sentie un peu seule, surtout que sa fille était partie vivre sa vie. Ca a fait le plus grand bien à Edna quand Jess et James ont emménagé chez elle. Ils avaient une petite fille adorable. Seulement voilà, rapidement la petite est allée raconter partout que son grand-père lui parlait la nuit. Ca a un peu inquiété la famille et James a commencé à vouloir que Edna aille vivre ailleurs (il manquait pas de culot, ce type). Heureusement, Edna a réussi à convaincre Jess qu’elle devait rester dans cette maison pour les protéger. Les protéger de quoi ? Ca elle voulait pas le dire, mais on a fini par le savoir. Six mois plus tard, James envoyait la vieille à l’hospice (faudra que tu me rappelles de te parler de l’hospice un jour, gamin). Une semaine plus tard, James et sa petite famille disparaissaient sans laisser de trace. Depuis, certains prétendent que, la nuit venue, ils entendent des rires de petite fille provenant de la maison. En tout cas, personne a plus voulu y habiter. Allez, gamin, ça te dit un soda ? T’as pas l’air en forme, là. Va nous en chercher deux dans mon frigo, tu veux. ? A force de parler j’ai la gorge sèche. Je suis plus très jeune, tu sais. […] T’es allé dans la boutique de Hank Fullman, récemment ? Ouais, l’antiquaire. Il y a une dizaine d’années un jeune couple est venu s’installer ici. Les Dubois je crois. Oui, des français. Ils avaient un petit garçon adorable avec eux : Thomas. Peu après avoir emménagé ils sont allé dans le magasin à Hank et la femme est tombée littéralement amoureuse d’une grande armoire. Le genre de vieux meuble qui a bien une centaine d’années. Mais en bon état, hein. C’est qu’il s’y connaît, Hank. Donc, voilà monsieur et madame Dubois qui achètent l’armoire et la ramène chez eux. Ils l’installent dans leur chambre et tout se passe bien. Seulement voilà, quelques semaines plus tard, le petit Thomas était en train de jouer à cache-cache avec son près et il s’est passé un truc vraiment pas normal. Le père cherchait son gosse partout dans la maison depuis un moment. Il commence à s’inquiéter et là il se dit que, si ça se trouve, le gosse s’est planqué dans leur armoire. Il monte au premier, va dans la chambre et ouvre l’armoire. Et là il découvre une poupée en porcelaine au milieu des vêtements. Une poupée qui ressemblait trait pour trait au petit Thomas. Quand Mme Dubois, est revenue chez elle, elle a trouvé son mari dans leur chambre, les cheveux complètement blanc. Il tenait la poupée dans ses bras et marmonnait des trucs qui voulaient rien dire. On a jamais retrouvé Thomas et le mari a été interné. Ils ont bien été obligés de lui laisser la poupée. T’es sûr que ça va, gamin ? Je te trouve bien pâle. Allez, il se fait tard, rentre chez toi. Tu reviens quand tu veux, hein ? »

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Tommy et Marc

PUTAIN Le vieux, c’est la dernière foix que j'te l'dit, arrêtes de foutre la trouille aux gamins du quartier.
Et arrêtes de parler de l’hospice, tout le monde sait que toutes ces histoires c’est des conneries. C'est bien compris !!
Furieux, marc embarque le petit tommy dans le PickUp, fait le tour du véhicule pour s’installer au volant en lançant un dernier regard haineux au vieux et démarre violemment. Le petit tommy regarde par la vitre arrière le vieux disparaître dans un nuage de poussière.

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Les notes de l’adjoint

Notes prises par Ralph RANDOM, adjoint au shérif, dans un petit cahier. L'écriture, soignée, ressemble à celle d'un enfant.
"Pamela HOLDON (HOLD ON, ALL DONE, OLD ONE ?). Née en 82. Mère alcoolique. Travaille actuellement à l'épicerie chez McFarrell."
"Elizabeth MARSHALL. Lizzie ? Née en 82. Morte en 97 renversée par un chauffard. L'autopsie a révélé qu'elle était enceinte de trois mois. Le shérif nous a demandé à NJ et à moi de ne rien dire pour ne pas ajouter à la douleur des parents. Le chauffard a été retrouvé mort dans son motel trois jours après. Une balle dans la tête. Le revolver n'a pas été retrouvé. Le shérif a conclu a un suicide.
"Pamela n'était pas à l'enterrement d'Elizabeth, c'était pourtant sa meilleure amie. Debbie STEWARD me l'a dit, mais il ne faut pas croire Debbie. "Depuis Rose n'a rien touché à la chambre d'Elizabeth. Bob l'a quitté depuis, il n'en pouvait plus. Rose vit seul depuis."
Allo, Lizzie. C'est Pam !
Franch'ment, j't'jure, c'est trop space de travailler pour McFarrell. Y a toute la ville qui défile, tu vois même pas le temps passer...
Attends, j'te raconte, tu sais moi j'suis directe...
Ouais, non mais, l'aut' jour, y a personne, j'suis seule avec McFarrell, et j'ui demande comme ça, cash : "C'est quoi qui vous fait t'nir au magasin ?" Alors, lui, tu vois, y s'démonte pas, il ouvre la caisse...
Attends tu verrais, c'est un de ces vieux tiroirs caisses qui fait chting ! Moi, ce bruit, ça me fait tout drôle, tu vois. À chaque fois, j'ai envie de dire "Jackpot !" tu parles d'un délire...
Bon, où j'en étais... Oui, alors il ouvre le tiroir caisse et m'sors un billet d'un dollar. Y m'le file, tu vois, en m'disant : "Il n'y a qu'une seule vérité, Pamela !" Moi, j'me démonte pas, j'prends l'billet et j'vais pour le mett' dans ma poche comme une c... quand y m'dit : "Lis !" Bon alors moi j'lis "The United States..." "Plus bas" y m'fait. Et là tu vois ça m'apparaît : "In God We Trust", j'te dis pas l'choc...

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Docteur Jones

"Jack ! Jaaack ! Vous avez encore oublié de me faire les marches ! Le sang, je vous l'ai dit, ça ne fait pas très sérieux devant les cilents !"
"Oui, Dr. Jones."
"Jack. Appelez, moi, Norman, comme tout le monde ou Doc."
"Entendu, Dr. Jones"
Hellister n'a jamais aimé le légiste et sa façon de lui parler comme à un gosse. Foutu gars d'la ville !
Hellister se souvient quand il est arrivé en 95. Marrant comme on se rappelle de détails. Le shérif venait de l'avoir au téléphone et lui avait passé le révérend avec qui il causait. "Ne vous inquiétez pas !" avait dit le révérend, "les gens d'ici sauront vous faire une petite place." Il aurait pas pu mieux dire, not'révérend. Le jour de l'arrivée du légiste la vieille Nora Johnson nous avait fait un infarctus. Une gentille vieille, mais un peu timbrée. Le légiste est encore un petit jeune, mais il vous parle toujours comme s'il avait vingt ans de plus que vous. Et puis sa façon de faire des blagues idotes à tout bout de champ, puis de partir d'un grand éclat de rire, c'est pénible !
Depuis qu'il est arrivé, le petit Random, l'adjoint au shérif traîne sans arrêt à la morgue sous un prétexte ou un autre. Saleté de type, lui aussi ! Un roux, bègue en plus ! Tout d'un suppôt de satan ! Mais on la fait pas à Hellister, il sait ce qu'ils font les deux là, le docteur et lui ! Plus d'une fois il auraient pu les surprendre à se... Bah ! ça le dégoûte rien que d'y penser ! Aucun respect pour les morts ! Salopiots, va !
Encore s'il n'y avait que ça, Hellister pourrait encore fermer les yeux, avec tout ce qu'on voit à la télé, mais c'est en plus le docteur parle tout seul. Il parle aux morts, on dirait, ou un truc dans le genre. Et ça, Hellister, ça lui fait vraiment froid dans le dos. Saleté de légiste, va ! Je vais lui faire ces satanés marches ! C'est pas de ma faute, si elle sont toujours sales comme ça!

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Textes de Wyatt Scurlock, Greuh, Ratafia, Radecave, Bob Darko et L'invité

1 Comments:

Anonymous Anonyme said...

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